« Douce-Amère » : une comédie qui manque de mordant

« Douce-Amère » : une comédie qui manque de mordant
Crédit Marcel Hartmann

« Douce-Amère » : une comédie qui manque de mordant

Aux Bouffes Parisiens, Michel Fau décide d’exhumer à nouveau un texte oublié en mettant en scène « Douce-Amère », une pièce de Jean Poiret qui n’a plus été jouée à Paris depuis les années 70. Il y interprète Philippe, le mari d’Elisabeth incarnée par Mélanie Doutey. Une pièce sur le couple et plus encore sur la liberté de la femme à disposer de son corps.

Le sujet devait certainement être assez osé pour l’époque mais aujourd’hui il paraît tout à fait classique. La petite musique du texte et les quelques scènes cocasses auraient pu permettre d’en faire une comédie réussie et agréable. Malheureusement, le casting de la pièce n’est pas à la hauteur et peine à tenir en haleine les spectateurs pendant presque deux heures.

Michel Fau incarne cependant un mari complètement conscient de ce qui l’attend (être trompé), faisant preuve d’une ironie qui ne manque pas de faire rire la salle. Il porte à lui seul la première partie de la pièce et en donne le rythme.

Mais il finit par quitter la scène pour laisser place aux amants qui n’apportent pas le renouveau escompté à Elisabeth. Les comédiens ne sont globalement pas convaincants, ils jouent leur personnage sans y apporter de relief ni supplément d’âme, et l’ensemble est bien fade. Les scènes qui auraient pu être drôles tombent à plat. Mélanie Doutey est porteuse d’une belle énergie sur scène mais son jeu est trop attendu, trop sage et j’ai vraiment fini par m’ennuyer.

Quant au décor et aux costumes, le parti pris est de rester dans l’esthétique des années 70, ce qui donne un côté très suranné à la mise en scène, kitsh, très kitsh.

A la fin, j’ai eu la chance d’assister à la rencontre avec l’équipe artistique : Michel Fau a exprimé sa passion pour Jean Poiret et son intérêt sincère pour le texte. Cependant, il n’a pas réussi à réunir une véritable équipe autour de lui et à monter cette pièce avec un regard actuel pour lui apporter une touche de modernité.

Douce-Amère se joue aux Bouffes Parisiens jusqu’au 22 avril 2018

 

Lucile Joyeux et Maxime Pauwels« Douce-Amère » : une comédie qui manque de mordant

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