« Jeux de planches » : deux comédiennes prêtes à tout pour monter sur les planches

« Jeux de planches » : deux comédiennes prêtes à tout pour monter sur les planches

« Jeux de planches » : deux comédiennes prêtes à tout pour monter sur les planches

Une fois n’est pas coutume, on s’est laissé convaincre par un tract et la bonne humeur de Sophie Imbeaux. Le lendemain 11H45, on arrive au théâtre des Brunes pour confirmer l’impression ressentie dans la rue et découvrir Jeux de planches.

Sophie Imbeaux et Alexandra Desloires nous présentent dans Jeux de Planches les malheurs de deux comédiennes qui tentent de percer coûte que coûte dans le milieu : faut-il avoir des connaissances ? Tout accepter en espérant obtenir un rôle, même si c’est dans une pub pour dentifrice ? Il faut savoir chanter, danser, glousser, et tout cela dans la bonne humeur, évidemment.

Les deux jeunes comédiennes sont attachantes, et emportent l’adhésion du public, surtout dans les passages comiques, qui sont souvent réussis.

On devine le vécu derrière les anecdotes, les moments de galère pour obtenir des rôles, et on est touchés de les voir prendre autant de plaisir sur scène. On passe un très bon moment malgré quelques longueurs lors de certains sketchs parfois répétitifs, même si elles mettent à chaque fois une énergie et un engagement remarquables.

Bref, si vous avez envie de passer un bon moment de théâtre en compagnie de deux comédiennes passionnées et enthousiastes, allez voir Jeux de planches au théâtre des Brunes à 11h45 jusqu’au 30 juillet.

Si vous hésitez encore à franchir le pas, vous pouvez toujours avoir un aperçu de leur performance en visionnant leur chaîne Youtube « Do it yourself être comédienne », où elles racontent avec humour leurs aventures pour atteindre leur but : monter sur les planches.

A voir au Théâtre des Brunes (Avignon) jusqu’au 30 juillet 2017, 11h45.

Lucile Joyeux et Maxime Pauwels« Jeux de planches » : deux comédiennes prêtes à tout pour monter sur les planches
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« Le Sujet des sujets » : 20 ans de « Sujets à vif » en 45 minutes
SUJET DES SUJETS - FESTIVAL D AVIGNON - 71e EDITION - Conception et interprétation : Frédéric FERRER - Dispositif scénique : Samuel SERANDOUR - Images : Claire GRAS - Avec : Frédéric FERRER - Mélissa VON VEPY - Dans le cadre du 71ème Festival d'Avignon - Lieu : Cour de la Vierge du Lycée Saint Joseph - Ville : Avignon - Le 07 07 2017 - Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

« Le Sujet des sujets » : 20 ans de « Sujets à vif » en 45 minutes

Depuis vingt ans les Sujets à vif sont des rendez-vous immanquables du Festival d’Avignon. Deux artistes se rencontrent pour produire une courte forme. A l’occasion de cet anniversaire, Frédéric Ferrer leur rend hommage dans Le Sujet des sujets.

Il entreprend de relater dans une course contre la montre impossible (45min, pas plus pas moins) vingt ans de Sujets à Vif. Autant dire qu’il va devoir faire des choix. Comme il ne peut pas parler des 350 artistes qui ont jalonné l’histoire des Sujets à Vif, Frédéric Ferrer va s’interroger avec humour sur des constantes de l’événement comme le lieu, le Jardin de la Vierge du lycée Saint Joseph. Il nous livre une conférence type TedX, pendant laquelle il agrémente son exposé d’images au ressort comique efficace. Les interventions de Jean-Philippe, régisseur du lieu, ou de Claire, qui tourne des images avec une caméra embarquée, nous font découvrir les secrets de ce fameux jardin. L’ensemble est rythmé et souvent drôle, on ne verrait pas le temps passé sans le chronomètre installé au-dessus du plateau..

(c) Lucile Joyeux

(c) Lucile Joyeux

Soudain, une fenêtre s’ouvre et on découvre un nouveau personnage qui n’est autre que l’invité du jour, Phia Ménard. Tout comme en 2010 lors de sa performance avec Anne-James Chaton, elle incarne un mystique inquiétant au visage caché qui se met à jeter frénétiquement des matelas pneumatiques par les fenêtres pendant que Frédéric Ferrer tente de finir son exposé.

Ce dernier finit par la rejoindre pour la scène finale de ce Sujet des Sujets. Une scène spectaculaire qui tranche avec l’exposé auquel on vient d’assister. On a d’ailleurs peine à saisir l’intérêt et le sens de cette dernière partie, très esthétique au demeurant. On quitte la salle en ayant passé un bon moment avec l’envie de découvrir un prochain « Sujet à vif » au Festival d’Avignon.

A voir au Festival d’Avignon jusqu’au 25 juillet 2017

Lucile Joyeux et Maxime Pauwels« Le Sujet des sujets » : 20 ans de « Sujets à vif » en 45 minutes
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« Sopro » de Tiago Rodrigues : le théâtre ne tient qu’à un souffle
SOPRO (Souffle) - 71e FESTIVAL D'AVIGNON Texte et mise en scène : Tiago RODRIGUES - Scénographie et lumière : Thomas WALGRAVE - Son : Pedro COSTA - Costumes : Aldina JESUS - Assistanat à la mise en scène : Catarina RÔLO SALGUEIRO - Avec : Isabel ABREU - Beatriz BRÁS - Sofia DIAS - Vitor RORIZ - João Pedro VAZ - Cristina VIDAL - Dans le cadre du 71e festival d'Avignon Lieu : Cloître des Carmes - Ville : Avignon - Le 05 07 2017 - Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

« Sopro » de Tiago Rodrigues : le théâtre ne tient qu’à un souffle

Le vent gonfle les rideaux qui entourent le plateau du Cloître des Carmes et un personnage fait son entrée ; il ressemble à un technicien, vêtu de noir, d’un casque, de dossiers, qui vérifie le plateau avant le début de la représentation. C’est en fait la souffleuse qui est pour la première fois sous les projecteurs, elle qui a passé sa vie à observer la scène par le « trou du souffleur ». Sopro, le souffle.

Durant tout le spectacle, elle dirige la représentation en soufflant les répliques à chaque comédien, dont deux comédiennes qui racontent et jouent son histoire. Tiago Rodrigues nous donne en effet à voir le processus de création de la pièce, il fait jouer son propre rôle par un comédien, le directeur de théâtre, qui décide de proposer à la souffleuse de devenir le personnage principal de son futur spectacle. Il lui propose de jouer son rôle dans un théâtre en ruines, un théâtre qui a cessé d’exister mais qui est ramené à la vie par les souvenirs des trente-neuf ans de métier de la souffleuse. Elle a des doutes, mais finit par accepter le projet. La pièce peut commencer.

Elle souffle ses propres souvenirs aux comédiens qui incarneront son histoire.

Les anecdotes sont souvent drôles et émouvantes et rendent compte de l’importance de son rôle dans le théâtre. En effet, elle est souffleuse mais aussi secrétaire, assistante et même confidente des membres de la troupe. Elle est invisible pour le public mais les comédiens ont besoin d’elle ainsi que sa directrice. Cette dernière lui dit d’ailleurs une phrase qui résume parfaitement son rôle dans le théâtre : « Votre discrétion doit être à la hauteur de l’indiscrétion des acteurs ». La souffleuse entend tout, elle voit tout, c’est la mémoire du théâtre mais elle se doit de ne pas révéler ses secrets.

Sopro est un hommage aux métiers du théâtre, ceux que le public ne voit pas mais qui sont nécessaires pour créer un spectacle comme celui de menuisier ou encore de régisseur.

Tiago Rodrigues partage avec nous son amour pour le théâtre et nous parle de l’importance de préserver ces lieux de création et les métiers qui l’accompagnent. Même un théâtre en ruines peut continuer à vivre tant que le souffleur sera là pour insuffler l’air nécessaire à la parole des comédiens.

A voir jusqu’au 16 juillet au Festival d’Avignon.

Lucile Joyeux et Maxime Pauwels« Sopro » de Tiago Rodrigues : le théâtre ne tient qu’à un souffle
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Antigone et ses fantômes règnent sur la Cour d’Honneur du Palais des Papes
ANTIGONE - FESTIVAL D AVIGNON - 71e EDITION - Texte : SOPHOCLE - Traduction : Shigetake YAGINUMA - Mise en scène : Satoshi MIYAGI - Musique : Hiroko TANAKAWA - Scénographie : Junpei KIZ - Lumière : Koji OSAKO - Costumes : Kayo TAKAHASHI - Coiffure et maquillage : Kyoko KAJITA - Assistanat à la mise en scène : Masaki NAKANO - Avec : Asuka FUSE - Ayako TERAUCHI - Daisuke WAKANA - Fuyuko MORIYAMA - Haruka MIYAGISHIMA - Kazunori ABE - Keita MISHIMA - Kenji NAGAI - Kouichi OHTAKA - Maki HONDA - Mariko SUZUKI - MICARI - Miyuki YAMAMOTO - Moemi ISHII - Momoyo TATENO - Morimasa TAKEISHI - Naomi AKAMATSU - Ryo YOSHIMI - Soichiro YOSHIUE - Takahiko WATANABE - Tsuyoshi KIJIMA - Yoji IZUMI - Yoneji OUCHI - Yu SAKURAUCHI - Yudai MAKIYAMA - Yukio KATO - Yuumi SAKAKIBARA - Yuya DAIDOMUMON - Yuzu SATO - Dans le cadre du 71ème Festival d'Avignon - Lieu : Cour d'Honneur du Palais des Papes - Ville : Avignon - Le 04 07 2017 - Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Antigone et ses fantômes règnent sur la Cour d’Honneur du Palais des Papes

Monter Antigone de Sophocle dans la mythique Cour d’Honneur du Palais des Papes est une gageure que le metteur en scène japonais Satoshi Miyagi a magnifiquement relevée. Il a su utiliser les codes et les références du théâtre asiatique pour faire résonner la puissance et la beauté de la tragédie grecque.

Le plateau de la Cour d’Honneur est recouvert d’une eau peu profonde symbolisant l’Achéron, sur laquelle les comédiens de blanc vêtus semblent marcher comme des fantômes libérés des lois de la pesanteur. Comme si la tragédie avait déjà eu lieu et que les personnages morts continuaient à déambuler sur le plateau. La scénographie s’adapte parfaitement aux proportions de la Cour d’Honneur et nous plonge instantanément dans une atmosphère apaisante entre lenteur et silence.

Puis entrent en scène les musiciens qui résument avec humour l’histoire d’Antigone en quelques minutes, comme cela est pratiqué au Japon. La pièce peut ensuite commencer. Comme dans le théâtre nô, les personnages sont interprétés par la pantomime d’un comédien dans la lumière, doublé par la voix d’un autre, dans l’ombre. Déroutant au prime abord, le procédé révèle très vite toute sa puissance, notamment lorsque les paroles sont amplifiées par le chœur, où lors du monologue d’Antigone. En fond de scène, les musiciens font retentir les percussions donnant un rythme qui contraste parfois avec les déplacements lents des personnages. Les ombres projetées sur le mur du palais viennent prolonger les corps et les mouvements chorégraphiques lors des Stasimons (sorte d’intermèdes durant lesquels le chœur commente l’action) participent à l’harmonie de l’ensemble.

Pendant ce spectacle, hors du temps, nous avons contemplé la scène, les costumes, les visages des comédiens sans même avoir le besoin de lire assidûment les sous-titres d’une histoire que l’on connaît par cœur. Satoshi Miyagi réussit le tour de force de nous faire redécouvrir la tragédie d’Antigone à travers un spectacle esthétique qui mêle avec succès les influences grecques et japonaises, et redonne à la Cour d’Honneur du Palais des Papes une dimension sacrée.

Lucile Joyeux et Maxime PauwelsAntigone et ses fantômes règnent sur la Cour d’Honneur du Palais des Papes
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