« Un Poyo Rojo », un show virtuose et burlesque

« Un Poyo Rojo », un show virtuose et burlesque
Photo : Paola Evelina

« Un Poyo Rojo », un show virtuose et burlesque

Un Poyo Rojo est un spectacle qui donne le sourire ! Entre virtuosité et burlesque, les deux danseurs mis en scène par Hermes Gaido vont se lancer des défis physiques jusqu’à devenir plus que de simples rivaux, tout cela avec l’aide d’un poste de radio qui réserve chaque soir de nouvelles surprises.

Dès l’entrée en salle Tardieu, le public est mis dans l’ambiance (salsa !) car la musique résonne à plein volume, pendant qu’Alfonso Barón et Luciano Rosso s’échauffent durant de longues minutes. Lorsque le spectacle commence enfin, le plateau est au contraire plongé dans le silence, ce qui crée un contraste tout d’abord perturbant. C’est sans doute pour mieux faire entendre la respiration des deux sportifs dont la performance parait à la fois très physique (la sueur qui ruisselle atteint les premiers rangs) et facile (les sauts sont aériens, les réceptions silencieuses).  Les deux hommes se trouvent en effet dans un vestiaire et se lancent dans une battle à coups de regards provocateurs : il faut dire que « un poyo rojo » se traduit par « un coq rouge ». Si Luciano Rosso mime bel et bien l’animal à différentes reprises, c’est surtout au sens figuré que l’on peut comprendre ce titre. Ce sont des défis de virtuosité qui s’enchainent, non sans humour. On admire les corps souples et les numéros qui frôlent parfois le burlesque. Lorsqu’est allumé le poste de radio, troisième personnage de ce spectacle, une place est donnée à l’improvisation puisque les interprètes doivent s’adapter à la musique et aux émissions qui sont diffusées en direct. Quelle ne fut pas la surprise d’Alfonso Baron lorsqu’au hasard des fréquences retentit le nom du théâtre du Rond-Point ! Un léger fou rire gagnera l’interprète ainsi que la salle.

De ce combat de coqs se dégage une sensualité voire même une tension sexuelle, car on sent derrière la violence apparente les désirs de l’un et de l’autre. Quand l’un se rapproche, l’autre s’éloigne, comme dans un jeu amoureux où personne ne veut céder devant l’autre. Mais c’est avant tout la générosité des deux interprètes que l’on retiendra de ce spectacle : Luciano Rosso nous accorde même un petit bonus à la fin de la représentation. Distrayant et drôle, Un Poyo Rojo est à ne pas manquer si vous voulez vous évader une heure durant !

Jusqu’au 8 octobre au théâtre du Rond-Point

Lucile Joyeux« Un Poyo Rojo », un show virtuose et burlesque

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