Fau(x) semblants au Névrotik-Hôtel

Fau(x) semblants au Névrotik-Hôtel
Crédits : Lucile Joyeux

Fau(x) semblants au Névrotik-Hôtel

Fau sans blanc manteau, Fau s’en blanchit les narines… enfin… pas Fau mais Lady Margarine, dans ce décor névrose bonbon qui pique un peu.

Oui, on vous le concède, on ne s’est pas encore remis de notre réveillon du Nouvel An, et c’est avec Michel Fau que nous avons choisi de reprendre du service ! Nos jeux de mots sont cependant moins réussis que ceux de Christian Siméon, qui signe les dialogues du spectacle.

Celui-ci avait en effet drôlement commencé, avec l’entrée en scène de Michel Fau travesti en Lady Margareth, qui nous a bien fait marrer avant de (dé)chanter. Son personnage de dame bourgeoise qui a le verbe haut et ne mâche pas ses mots ne manque pas de mordant.

Rapidement nous allons faire la connaissance de son boy, alias Antoine, Akul ou le groom, qui vient compléter le duo de joyeux lurons : une grande blonde costaude avec un petit trapu brun, ça fait toujours son effet. On pense forcément, tenue oblige, à Zéro Moustafa du Grand Budapest Hôtel, bien qu’Antoine Kahan soit plus séduisant.

Crédits : Lucile Joyeux

Crédits : Lucile Joyeux

Les jeux de mots fusent, les chants tonnent sous les airs d’accordéon, les passages des romans de Duras scellent l’ensemble, la salle rit à gorge déployée. Malheureusement, nous nous lassons du spectacle à mi-parcours, car la magie entre les deux personnages n’opère plus. Les chansons s’enchaînent et nous on regarde le temps passer. Notre regard s’arrête parfois sur le magnifique costume rose bonbon du groom ou encore sur le décor tout droit sorti d’Alice au pays des Merveilles. Notre oreille, quant à elle, se tend vers un bon mot particulièrement bien senti ou se laisse emporter par le trio de musiciens qui avec piano, accordéon et violoncelle donne le La de cette comédie chantée.

Malgré cela, nous avons eu des difficultés à rester concentrés et espérions dans le silence de nos fauteuils une fin rapide. Pourtant nous avions envie de rire comme le faisait la salle, de nous laisser porter, mais il y a parfois des rendez-vous manqués, il faut l’accepter. Nous reviendrons voir Michel, pour tenter un autre voyage dans les méandres des faux semblants.

Jusqu’au 8 janvier au théâtre des Bouffes du Nord. 

Lucile Joyeux et Maxime PauwelsFau(x) semblants au Névrotik-Hôtel

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